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lundi 26 octobre 2009

Mère Cuba, W. Guerra.


19 euros
Editions Stock

Résumé :
Nadia Guerra est une jeune femme qui se bat contre l'oubli et l'immobilisme. Animatrice de radio, elle se fait le porte-parole d'une Cuba de l'ombre, sensuelle et rebelle. Elle obtient une bourse pour Paris. Elle quitte son île, son père, pour se rendre dans la Ville Lumière, lieu de tous ses fantasmes. Mais l'art n'est pas sa seule motivation : elle part aussi pour revoir sa mère, Albis Torres, qui l'a abandonnée alors qu'elle n'avait que 10 ans pour fuir à l'autre bout du monde. Elle va finalement la rattraper à Moscou. Mariée. Mais sans mémoire de sa vie passée, présente et future. Alzheimer. Refusant de la laisser là, perdue et désorientée, Nadia va la ramener dans son pays natal. En fouillant dans ses affaires, elle va retrouver, perdu parmi les livres interdits, le journal que cette femme tenait à Cuba à la veille de laRévolution. Elle donne ainsi à entendre le son de cette époque déterminante et y dresse notamment le portrait de Celia Sanchez, cette héroïne révolutionnaire qui fut la première épouse de Castro.


Avis et Critiques :

Cubaine comme son héroïne, Wendy Guerra partage avec elle son patronyme martial et son ascendant prestigieux. Cette parenté, trop assumée pour laisser le doute sur l'aspect autobiographique du roman, donne un indice sur les intentions de l'oeuvre : faire oublier le temps de l'écriture pour coller aux flancs de la réalité. Envoûtant, le premier chapitre donne le ton. Interpellé par la voix de la narratrice, le lecteur est sommé d'écouter "ce que je vous raconte aujourd'hui... en direct, protégée par le demi jour de cette cabine hermétique". Expérience étrange que celle de lire les mots livrés au microphone et les couplets écrits pour être chantés, et belle célébration du pouvoir de l'imagination. Bravant la censure, Nadia (ou bien est-ce Wendy) offre une voix à la jeunesse écrasée par des années d'héroïsme révolutionnaire. Déchiré entre la nostalgie d'un âge d'or du combat et la volonté d'évacuer la culpabilité des héritiers, le personnage n'a de cesse de payer son tribu aux grands noms, Celia Sanchez en tête. Ce balancier entre passé et présent crie la trahison de l'idéal : l'intelligentsia a fui, les dissidents sont muselés, le pays se morfond. Pour traduire ce va-et-vient, la multiplication des focalisations et des formes (journal, lettre...), quoique judicieux, rend l'ensemble parfois bancal. Un peu trop d'affectation, des échos en fin de phrases qui manquent leur effet poétique, le texte pourra, de plus, agacer par son maniérisme. Qu’importe, le style, exalté, fait oublier ses afféteries. Impétueux, 'Mère Cuba' rayonne par sa faculté à traduire la foi en l'art et en la vie d'une génération lasse mais amoureuse de sa culture. Et déterminée à la préserver.
Par Aurélie Mongourt

(Source : Evene)

Tout le monde s'en va, W. Guerra.


18 euros
Edition Stock

Résumé :
Ce premier roman revêt la forme d'un journal intime, celui de Nieve, qui grandit dans la Cuba des années 1980. Elle consigne là les événements marquants de son existence, de l'enfance aux prémisses de sa vie de femme. Tiraillée entre des parents artistes et bohèmes qui se déchirent, elle va connaître un destin fait de perpétuels départs, de séparations successives. Le lecteur suit l'évolution personnelle, intellectuelle, politique et artistique de la jeune fille. Enfant, alors que ses parents viennent de se séparer, elle vit à Cienfuegos avec sa mère et son amant suédois, qui lui transmettent le goût du jeu et de la lecture. Puis son père obtient brutalement sa garde et l'entraîne dans les montagnes avec satroupe de marionnettistes. Après avoir subi les pires traitements, elle sera confiée au 'Centre de détention infantile ', l'orphelinat en jargon castriste, avant de pouvoir revivre avec sa mère et quitter avec elle le sud de l'île pour La Havane d'où elles ne cesseront d'espérer une autorisation de quitter le pays. Alors que tout le monde s'en va... Au fil des mois, et des pages, la plume de Nieve se fait plus réflexive, tandis qu'elle gagne en jugement critique. Ses expériences amoureuses vont participer de l'éveil de sa sensibilité artistique comme de sa conscience politique.


Avis & Critiques :

Le Magazine littéraire - Augustin Trapenard (Mai 2008)
Il faut se plonger dans ce livre résolument avant-gardiste, où l'écriture de soi s'affiche comme une performance artistique. Ici, la résistance se fait de l'intérieur. Par des fulgurances poétiques aussi subversives que sensuelles. Mais surtout la mise en scène de son propre corps, exposé au vu de tous ses lecteurs comme un signe de victoire.

Livres Hebdo - Véronique Rossignol (04 Avril 2008)
La brutalité des hommes, la douleur des abandons, la violence des trahisons. 'Tout le monde s'en va', c'est la vue sur la mer, de la rive de ceux qui restent.

Lire - André Clavel (Juin 2008)
Quand tout le monde s'en va, Wendy Guerra, elle, reste. Pour témoigner. Son livre est un acte de résistance. Et un pied de nez aux dinosaures castristes.

(Source : Evene)